Entretenir ses voiles

Les voiles sont, comme beaucoup de choses, sujettes à l’usure.

Cependant, un entretien régulier et efficace permet d’allonger sensiblement leur durée de vie.

Usure mécanique

Les matériaux d’aujourd’hui, bien qu’extrêmement résistants et bloqués, craignent le fasseyement qui a pour effet, à terme, de casser les fibres du tissu, principalement au niveau de la chute et de la bordure. Pour les matériaux laminés de type mylar, il en résulte un délaminage précoce à ces mêmes endroits.

Pour éviter cela, veillez à ne pas laisser battre vos voiles sur les lignes de départ en régate. Installez par exemple un emmagasineur ou un enrouleur sur votre génois afin de le dérouler au dernier moment.

Si après avoir bordé plat au près, votre chute ou votre bordure de voile d’avant continuent de fasseyer, alors il se peut que la tension de nerf de chute ou de bordure soit insuffisante. Reprenez-en alors juste assez pour arrêter le fasseyement, mais sans exagérer pour éviter de brider la voile.

Ragage

Le ragage des voiles sur les chandeliers, les barres de flèches ou tout cordage ou objet peut entraîner une usure sur un point précis. Pour éviter ce problème, veillez à protéger vos voiles avec des patchs de tissu insignia par exemple au niveau du passage des barres de flèches. Pensez aussi à recouvrir les goupilles, anneaux brisés et autres petites pièces métalliques agressives avec de l’adhésif vulcanisant.

Rinçage des voiles

En fin de saison, au moment d’hiverner votre bateau, pensez bien à rincer vos voiles à l’eau claire, l’idéal étant de le faire à intervalles réguliers au cours de la saison ou après une sortie particulièrement arrosée (d’eau de mer) ou un dessalage.

En effet, même si le sel n’attaque pas directement le tissu, il conserve une certaine humidité dans la voile. Les moisissures se développent alors et des points noirs apparaissent un peu partout. De plus, le sel et l’humidité provoquent la corrosion de la plupart des accessoires métalliques de finition des voiles (œillets, têtières, cosses, anneaux, coulisseaux…).

Si toutefois vos voiles venaient à être piquées de rouille ou présentaient des points noirs de moisissures, vous pouvez tenter un premier lavage à l’eau savonneuse dans un grand bac ou une baignoire. Si ces tâches sont tenaces, essayez avec de l’acide oxalique très dilué sur de petites surfaces très localisées. Attention à ne pas trop insister et surtout à rincer soigneusement à l’eau claire, sous peine d’endommager la structure même du tissu !

Séchage des voiles

Une fois rincées, vos voiles doivent être mises à sécher. L’usage courant veut que l’on hisse les voiles à poste et qu’on laisse le vent faire son œuvre. Or cette technique présente deux inconvénients majeurs : 1) présenter ses voiles bout au vent pendant un long moment provoque un fasseyement, et 2) une voile mouillée peut, selon le type de tissu et selon son âge, peser un poids conséquent, ce qui entraîne des efforts mal répartis dans la voile qui peuvent la déformer et fatiguent les coutures.

Pensez donc si vous le pouvez à faire sécher vos voiles à plat pour éviter ces deux phénomènes.

Attention à bien sécher vos voiles en nylon : voiles de portant type spinnaker, code et autres ailes de kitesurf. En effet, selon le type de nylon utilisé, celui-ci peut retenir jusqu’à 7% d’humidité entre ses fibres et devient alors très sensible à la moisissure.

Stockage des voiles

Veillez à stocker vos voiles dans des endroits ventilés, à l’abri des UV, des sources de chaleurs, de l’humidité et … des rongeurs ! Les plis en accordéon assez larges permettent une bonne circulation de l’air dans la voile. Cependant, pour les matériaux les plus fragiles face au pliage, type laminés, privilégiez le roulage des voiles en tube.

Si malgré tout vos voiles sont abîmées, n’hésitez pas à me contacter pour y remédier !

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